Monsieur le Préfet,
Messieurs et Mesdames les élus,
Chers amis
Nous sommes réunis aujourd’hui, pour évoquer le souvenir des déportés, ces hommes, ces femmes, ces enfants, transformés en esclaves par les allemands de 1941 à 1944, et asphyxiés quand ils n’étaient pas bon au travail forcé.
Leur seul tort était, ou d’avoir fait de la résistance, ou d’être juif, crime majeur pour l’Allemagne nazie de l’époque.
C’est donc avec une très grande émotion, que je suis avec vous aujourd’hui pour célébrer, ce 59ème anniversaire, de la fin du nazisme en Europe.
Que chacun s’en souvienne, que les enfants sachent, ce qu’ont subi leurs aînés pour défendre la liberté en France, ou parce qu’ils avaient une religion différente. Ce que cette histoire douloureuse nous enseigne, n’est pas à l’honneur de l’espèce humaine. Elle dit ce que l’homme est parfois capable de faire, quand certaines circonstances l’amènent à suivre les chantres de la haine, de la passion idéologique, de la pureté ethnique, de l’intolérance raciale et religieuse.
Plus d’un demi-siècle après, chacun d’entre-nous doit s’interroger sur les ressorts de ce drame, sur la négation absolue du respect de la vie, du respect de l’autre.
L’anéantissement de ces millions d’innocents, nous renvoie au cœur de l’âme humaine, et nous devons nous interroger sur notre civilisation, sur notre condition d’homme, sur la volonté de tuer ceux qui ne sont pas de la même race, ou ne croient pas au même Dieu.
Une interrogation qui se pose avec d’autant plus de force, que les exemples ne manquent malheureusement pas, dans notre actualité de la persistance d’acte de barbarie, et de crimes contre l’humanité, que ce soit en Afrique, en Algérie, en Côté-d’Ivoire, en Colombie, en Chine, au Cambodge, en Asie, en Europe aussi, au Moyen-Orient, en Irak... presque partout dans le monde.
Dans le monde les hommes sont devenus fou, et s’entretuent par terrorisme sous des prétextes religieux, ou patriotiques, ou raciaux.
Les crimes contre l’humanité commencent, lorsque des fanatiques exercent une influence, sur la part la plus influençable d’une population, les exclus d’abord, puis les jeunes qu’on embrigade. Hitler, hier, Ben Laden, aujourd’hui, utilisent toujours les mêmes recettes ; l’élimination de ceux qui ne croient pas comme eux, ou qui sont de race différente.
Face à de telles attitudes extrêmes, et alors que la barbarie n’a pas disparu du cœur des hommes, il est utile de se souvenir comme nous aujourd’hui, de ceux qui sont morts pour rien.
Permettez-moi de vous rappeler ce que j’ai moi-même vécu à Drancy, dormant sur une paillasse avec mon père, avec ma mère, avec mon frère, avec une soupe par jour quand j’avais 18 ans, et que j’ai vu partir les convois de ceux qui étaient déportés, sans savoir ce qui les attendaient.
Ce fut un miracle que je ne sois pas déporté et que je sois avec vous aujourd’hui.
C’est pourquoi pour moi la fraternité, la tolérance pour tous, la solidarité, est mon credo principal, et que je tend la main à tous.
Nous sommes tous frères, nous sommes tous sur cette terre, pour vivre en paix ensemble, et nous entraider, quelque soient nos races et nos religions.
L’intolérance, le racisme sont les pires des calamités, les pires fléaux de l’humanité. Chacun a le droit de penser ce qu’il veut, de croire en son Dieu, d’être de la race où il est né, d’être respecté. Pourquoi ne peut-on pas vivre sur cette terre dans l’harmonie, la paix, la fraternité. Cela ne tient qu’à nous.
N’oublions pas le passé, que nos enfants se souviennent de ce qu’ont enduré leurs aînés, pour que cela ne recommence pas.
Enfin, pour terminer, je voudrais citer ce qu’a dit Jean-Paul II à Pâques :
« Ecoutez, vous tous qui avez à cœur l’avenir de l’homme ! Ecoutez, hommes et femmes de bonne volonté ! Puisse la tentation de la vengeance céder le pas au courage du pardon ; puisse la culture de la vie et de l’amour rendre vaine la logique de la mort ; que la confiance vienne donner un nouveau souffle à la vie des peuples. Si notre avenir est unique, c’est le devoir et la tâche de tous de le construire avec une lucidité patiente et empressée. »
Méditons ces paroles pleines de sagesse. Voilà ce que je voulais vous dire aujourd’hui en ce jour du souvenir.
Je vous remercie.