de Ch. G.
Annoncée l’an dernier, la petite voiture électrique souhaitée et encouragée par Serge Dassault qui contrôle la SVE a été présentée hier dans le cadre du Salon de Genève.
« La Cleanova pourra être commercialisée dès le second semestre 2006 », a indiqué hier Laurent Dassault, gérant de Dassault Investissements, qui porte ce projet. « Dans quelques années, à l’horizon 2010, nous serons en mesure de produire 10 000 autos par an. Notre atout sera notamment de vendre une voiture électrique au même prix qu’une voiture dotée d’un moteur conventionnel thermique ». Autre avantage de taille : l’autonomie. « Nous avons déjà parcouru plus de 400 kilomètres avec cette voiture, explique Gérard Queveau, PDG du groupe Henri-Heuliez. Deux cents kilomètres ont été effectués sur le mode électrique et deux cents autres grâce à la génératrice thermique qui alimente les batteries. Sur cette distance, il n’a consommé que 16 litres pour l’ensemble du trajet. C’est une autonomie record pour une voiture électrique. C’est de nature à rassurer les clients qui peuvent rouler toujours à l’électricité en cycle urbain et avoir la sécurité en effectuant des parcours importants ».
A l’origine de cette performance, un ensemble propulseur ultraléger équipé malgré tout de deux moteurs pour assurer la génération et la traction avec un encombrement minimal. Ce système qui évite un double équipement coûteux est conçu par une filiale du groupe canadien Hydro-Quebec. « De plus, il n’est guère besoin de modifier des points d’ancrage du moteur sur certaines carrosseries de voitures déjà existantes », explique Michel Herchin, spécialiste des moteurs à la SVE. Actuellement, trois prototypes multiplient les essais. « Nous agissons un peu à la manière d’un bureau d’études. Nous avons investi 6 millions d’euros sur trois ans, explique Laurent Dassault. Le métier de Dassault reste les avions. Nous ne voulons pas agir comme des compétiteurs dans le monde de l’industrie automobile, mais plutôt jouer un rôle d’innovateur ».
Le seuil de rentabilité de ce projet a été évalué à 30 000 unités et, pour y parvenir, la SVE Laurent Dassault multiplie les contacts. « Nous sommes en passe de signer des accords internationaux avec plusieurs groupes en Europe, en Inde avec Tata et en Chine », précise-t-il. « En Chine, en Inde, il existe une évidente volonté politique et le marché est réel. Nous pouvons fournir notre technologie. En France, nous aurons également besoin d’une conjonction de bonne volonté. Les succès d’estime ne suffisent pas ». EDF a montré l’exemple en signant voici quelques mois un accord de partenariat portant sur la fourniture d’électricité, mais aussi sa flotte de véhicules.
Ch. G.