Après le décès, le 11 février, de Michel Pelchat, à l’âge de 68 ans, Serge Dassault revient sur le parcours politique d’un ami proche.
« C’était un grand ami que je connaissais depuis de nombreuses années. Nous avons passé plusieurs vacances ensemble. Michel était un homme proche de son terroir qu’il aimait parcourir dans de longues randonnées cyclistes. Il était fier, fier de ses origines bretonnes, fier de son pays au service duquel il a vaillamment consacré plusieurs années de sa vie lors de la guerre d’Indochine. Il était également fier d’un système républicain qu’il avait servi depuis l’école, des mécaniciens de la Marine jusqu’au Sénat.
Il aimait notre département dont il fut, en sa qualité de 1er vice-président du Conseil Général, l’un des véritables pères fondateurs, et dont tant d’habitants lui sont aujourd’hui redevables. Programme d’aménagement et de développement routier, programme de développement des établissements scolaires, schéma de développement universitaire, programme d’implantation des pôles de recherche et d’excellence : tous portent sa patte, tous sont marqués de sa griffe exigeante. Sans Michel, la biotechnologie des plantes n’aurait pas eu les moyens que seul le Conseil Général de l’Essonne a su lui donner. Grâce à lui, les collégiens bénéficient encore aujourd’hui d’un programme de construction et de réhabilitation de leurs établissements.
Je sais qu’il a défendu avec succés, en sa qualité de sénateur, le principe de quotas de chansons françaises à la radio. Il a également agi très concrètement pour le chocolat produit sans adjonction d’autres graisses végétales que le beurre de cacao.
Toujours soucieux des autres, il s’est illustré aux côtés du président Lamberghis en 1990 contre les troupes soviétiques lors du siège du parlement lituanien. Il était membre de groupes d’amitié avec de nombreux pays d’Afrique, du Maghreb, du Moyen-Orient, et d’Europe, en particulier des pays baltes et de la Lituanie.
J’aimais son caractère bien trempé qui lui permettait, par des itinéraires connus de lui seul d’atteindre, toujours à coup sûr, les objectifs qu’il s’était fixé. Il avait l’allure fière et racée d’un condottière de la Renaissance. Rien ne lui échappait, et le patron politique faisait place au plus impitoyable des contrôleurs de travaux. Il avait toutefois un petit défaut qui a fait grincer bien des dents. Il avait un rapport si particulier avec le temps, que je ne connaisse pas de rendez-vous qu’il ait commencé à l’heure. Le seul qu’il ait eu trop tôt, c’est celui avec sa mort. Il nous manque. Il me manque. »