Président, pourquoi cette nouvelle appellation « les Chambres des Métiers et de l’Artisanat » ? C’est une volonté des chambres nationales de mettre en valeur le commerce de proximité et particulièrement l’Artisanat, qui comme chacun le sait, est la première entreprise de France. C’est aussi pour donner un signe fort aux artisans. Par ce biais nous leurs disons « nous sommes conscients de vos difficultés, nous agirons dans l’ordre de vos intérêts »
Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’Artisanat ? Je suis boulanger de formation et de métier et je me considère comme un artisan du produit bien fait. L’Artisanat est une force économique très puissante, la première de l’Hexagone avec 860 000 entreprises, 2 400 000 salariés et 180 000 apprentis. Elle doit être plus que soutenue car elle créée un nombre non négligeable d’emplois durables et surtout qualifiés. Pour moi c’est l’aboutissement d’un objectif d’une vie, l’apprentissage, la création, le sens de la perfection, l’épanouissement individuel et collectif.
Comment évolue en ce moment l’Artisanat en Essonne ?
500 entreprises de plus ont été créées en 2004 par rapport à l’année précédente. Je me réjouis d’avoir été l’un des nombreux acteurs de cette réussite.
C’est un paradoxe car de nombreuses personnes sont au chômage et des offres d’emplois restent non pourvues ; pouvez-vous nous expliquer cette problématique et les solutions concrètes à apporter ?
Oui, vous avez raison, mais tout n’est pas lié et nous n’allons pas évoquer tous les freins qui ralentissent le rapprochement de la personne qui recherche un emploi et l’entreprise qui le propose. Nous ne sommes pas les seuls acteurs économiques, nous sommes seulement les premiers avec le plus fort taux d’apprentis absorbés au sein des différentes professions. Les artisans vont manquer cette année encore de salariés et d’apprentis dans les domaines tels que les métiers de bouche : les boulangers, pâtissiers, mais aussi de plombiers, d’électriciens et de travailleurs dans le bâtiment. Il faut unir les outils d’analyse et de regroupement de profil et surtout simplifier l’accès à un demandeur d’emploi pour qu’il aille au plus vite à l’offre d’emploi lui correspondant.
La faculté des métiers d’Evry-Corbeil-Essonnes s’est installée récemment, va-t-elle apporter des réponses aux questions que les entrepreneurs et acteurs économiques se posent ? Je l’espère, en tout cas. Cette faculté, dont je suis le vice-président et que j’ai inaugurée le 10 janvier dernier, en présence du Ministre Jean Louis Borloo, du Président de région Jean-Paul Huchon et de mon ami Sénateur-Maire Serge Dassault, est un pôle d’excellence. Une avancée dans le domaine de l’apprentissage et de la formation des apprentis. Regardez plutôt, 3500 jeunes en formation, plus de 20 métiers recensés, un centre d’innovation et de ressources multimédia, un enseignement constamment actualisé et un niveau d’adaptation des formations aux besoins de l’entreprise et de l’Artisanat. C’est pour moi un enjeu majeur pour les artisans et les acteurs économiques de l’Essonne, dans une mondialisation plus effective.
En cette année importante marquée par le référendum pour la constitution européenne, quelle place doit, selon vous, avoir l’Union Européenne en termes de soutien aux entrepreneurs et artisans d’un département comme le nôtre ?
Une égalité en matière de charges patronales pour tous les pays membres.
A ce titre, craignez-vous la concurrence des entreprises de l’Est Européen ? Oui, car les métiers d’Arts sont concernés dès à présent par cette concurrence. Non, car l’Artisanat est un métier de proximité ce qui le protège par essence de toute autre concurrence étrangère. Je reste quand même très attentif.
Président, vous vous représentez pour un deuxième mandat. Quel bilan tirez-vous de votre premier mandat ?
1- La création de la Faculté des Métiers à Evry-Corbeil-Essonnes m’a demandé beaucoup d’énergie. Rendez-vous compte de l’impact de ce pôle ! A la rentrée prochaine ce ne sont pas moins de 3 500 apprentis qui seront formés en Essonne, par 200 formateurs ainsi que la présence de l’encadrement administratif. Tout cela représente un effort considérable où il a fallu batailler chaque jour pour imposer cette idée. C’est chose faite aujourd’hui.
2- La mise en place d’une plate forme de financement au sud-Essonne. Celle-ci a pour vocation d’aider les artisans à lever des fonds pour créer leurs activités.
3- SOS entreprises est une instance qui permet d’accompagner les artisans dans leurs difficultés de gestions quotidienne.
C’est ce que j’appelle un bilan plus que positif et riche de sens mais il me reste encore beaucoup d ‘énergie pour continuer ma mission.
Donc vos objectifs pour le second mandat sont ?
1- Organiser le transfert du siège actuel de la chambre des métiers vers l’ancien CFA d’Evry. Ces locaux nous appartiennent et c’est autant d’économies réalisées en terme de charges locatives. 2- La mise en route d’une maison de la création et de la reprise d’entreprise en partenariat avec la chambre des Commerces et l’Agence Départementale pour l’Economie en Essonne.
La formation et l’apprentissage pour les jeunes sont des sujets qui vous sont chers, quel impact votre second mandat pourrait apporter en la matière ?
Communiquer sur la politique de l’apprentissage que nous menons en Essonne afin d’attirer le plus grands nombre de jeunes vers la Faculté des Métiers. Vous savez, j’ai moi-même commencé à travailler à 14 ans.
C’est une transition toute trouvée pour ma prochaine question. Serge Dassault souhaite réformer l’apprentissage à partir de 14 ans, qu’en pensez-vous ?
Nous devons accentuer, pour les jeunes de cet âge, la découverte des métiers dans des cycles légers de stages d’observation en entreprise. Savoir trouver sa voie très tôt économisera beaucoup de désillusions plus tard chez l’adolescent et optimisera le programme de formation des apprentis.